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LES AMPOULES

Toute la lumière sur les ampoules !

 La course nature est un sport porté, tout ce qui va être construit avec patience et rigueur à l’entraînement pendant de longs mois repose sur la bonne santé de nos pieds et peut être réduit à néant ….par de simples  ampoules. Pourquoi apparaissent-elles ? Comment  les prévenir ? Comment les soigner ?…Suivez-nous sur la piste des phlyctène , puisque c’est de cela qu’il s’agit !

Par Laurent ARDITO

A l’image d’ Achille, le légendaire colosse de la mythologie Grec et son talon qui provoqua sa perte,  le traileur possède aussi un fusible …le  pied . Cette donnée est tellement bien admise par la communauté, qu’ une croyance collective nous pousse parfois à admettre que dans les activités d’ extrême endurance, les ampoules sont inévitables, elles font partie de l’activité  et que l’on est vraiment un traileur ou un raideur expérimenté que si on est capable de courir avec des pieds à vif et supporter stoïquement la douleur ! Et bien, à la rédaction d’Endurance Mag, on revendique le fait d’être douillets ! En effet cette croyance est profondément ridicule et infondée, on peut faire un UTMB, un marathon des sables sans une ampoule, ce n’est pas une affaire de potentiel génétique, mais le résultat de l’expérience et d’une maîtrise  technique.

Pourquoi et comment elles apparaissent ? L’ampoule est un mécanisme de protection de la peau. Sous l’effet d’un frottement inhabituel de la peau, il y a sécrétion de liquide lymphatique et gonflement de la couche superficielle du derme, c’est le phlyctène ou l’ampoule. L’organisme se protège ainsi avec un «  sacrifice cutané »…..comme dans le cas d’une brûlure.

Tout le monde peut être touché par cet incident très invalidant, même si avec le temps, la peau devient plus résistante et se tanne. Il suffit d’une sollicitation extraordinaire et l’ampoule survient : trop de montées, trop de descentes, trop de dévers…ce qui n’est pas si rare que cela, ou bien un pli de la chaussette, une chaussure trop petite, trop grande, mal lacée et c’est la peau qui trinque, en général au niveau du talon , du coup de pied ou le dessous des orteils.

A l’effort, la température cutanée, le taux de cortisol et d’adrénaline font qu’on ne sent pas toujours la douleur et que c’est la surprise….en tombant les chaussettes ! Parfois c’est le contraire, une sale douleur peut faire craindre le pire et ce n’est qu’une simple rougeur. Dans tous les cas il faut être vigilant et à l’écoute de son corps. On distingue trois stades de lésion : la peau rougit superficiellement , une bulle de lymphe se forme puis la bulle cède et enfin le derme est mis à nu

On peut citer aussi le cas des  ampoules géantes inexpliquées, survenant dés les premières minutes d’une épreuve, alors que toutes les conditions semblent normales….mis à part des situations de stress important lié à un l’enjeu  ou   à la peur. Certains coureurs ont vécu de telles mésaventures sans vraiment comprendre ce qui leur arrivait .

Comment les soigner ? Dans les cas où le chronomètre s’arrête, mais qu’il va falloir continuer, lors d’un arrêt assez long, on peut mettre en œuvre à chaque stade de l’ampoule, un soin particulier, on parle ici de soins d’assistance :

Dans le cas d’une simple inflammation, il suffit d’ hydrater avec de la pommade et c’est tout.

Si l’ampoule est très légèrement gonflée : la percée avec une seringue hypodermique, aspirer, bien garder le toit de l’ampoule, c’est le meilleur des pansements, mettre un peu de pommade et un pansement simple, puis dès que c’est possible mettre à l’air.

Si l’ampoule est fortement gonflée, la percée avec une seringue et  injecter sous la peau un peu d’Eosine qui va tanner la peau. Mettre un peu de pommade et un pansement compressif de type hydrocolloïde  et dès que c’est possible mettre à l’air. Si l’ampoule est percée et/ou la peau arrachée, mettre un peu d’Eosine , très peu de pommade et un pansement compressif de type hydrocolloïde  et là encore dés que c’est possible mettre à l’air

En course, si la blessure vous rattrape et vous contraint à l’arrêt, mais qu’il faut aller vite, un peu de pommade et des chaussettes propres…et ça repart

Dans tous les cas, avec l’arrêt, la température corporelle baisse, ainsi que les taux hormonaux. La douleur peut donc paraître insupportable, pourtant après quelques minutes, la machine repart et le confort devient acceptable.

Comment les prévenir par un traitement quotidien ? C’est bien là que se situe la clé de la réussite.  Les fameuses pommades hydratantes sont la base de toute prévention : Nok , karité, vaseline…toutes ont des effets,  mais sont parfois incomplètes.  Une préparation pharmaceutique composée d’une base  hydratante ( de type Lanovasline), avec un antiseptique (type Hexomédine)  et d’un anti-mycosique (type Mycoster) fait des miracles à la fois en prévention et en soin.

Une rapide application de pommade hydratante doit précéder toutes vos séances dépassant 1 heure.  Mais d’autres attentions sont nécessaires : se couper les ongles régulièrement, plutôt courts et droits, éviter les sandales en été au quotidien car le talon peut se gercer, (ce qui est paradoxal car il faut aussi beaucoup les laisser à l’air) ,

Concernant les chaussures et  les chaussettes, attention au matériel neuf .Les chaussures doivent être ni trop courtes, elles provoqueraient des ampoules au bout du pieds, ni  trop grandes, le pieds flotteraient, source d’échauffements sous la voûte plantaire. Le laçage doit être efficace, ajusté. Se méfier des systèmes de serrage rapide qui ont tendance à se relâcher à l’usage . Choisir les chaussettes plutôt justes en se méfiant des coutures. On peut aussi les imprégner de pommade en prévention sur les zones exposées. Le coton peut être abrasif et garde l’eau. Il faut donc choisir une fibre assez hydrophobe, en coolmax par exemple. On peut aussi utiliser des chaussettes double peau ou  superposer deux chaussettes fines.

Eventuellement on peut avoir recourt à des semelles orthopédiques ou orthèses qui sont réalisées sur mesure par un podologue du sport. Réalisées sur moulage du relief plantaire, cette semelle va contribuer à réaligner vos appuis plantaires, mais peut aussi  améliorer la statique du pied et réduire les ampoules.

Comment les éviter avec un traitement de choc  ? Autre stratégie, aider la nature en se fabriquant une peau de crocodile avec un traitement de choc . Le principe consiste à nécroser modérément les tissus en se badigeonnant les plantes des pieds pendant les 10 jours qui précèdent l’objectif, à l’aide de produits pas vraiment anodins. Soit d’une solution  aqueuse dosée au formol à 5%, soit de la teinture de Benjoin, soit de l’acide picrique à 1%, soit plus naturellement avec du jus de citron. Certains de ces  produits ne sont pas neutres et il va falloir convaincre votre Pharmacien : le formol est en théorie interdit à la vente, la teinture de Benjoin est abortive et l’acide picrique très irritant…. reste le citron. On peut citer aussi les tentatives radicales de coureurs ayant testé le Tanopat, réservé en théorie aux pattes …des chiens de traîneaux. Le risque dans ces traitements étant de fabriquer trop de corne et d’avoir les pieds qui pèlent…des arpions d’un beau rose bébé tendre au départ de l’UTMB ça vous dit ? Prenez le temps d’essayer, mais en étant raisonnable le traitement est vraiment efficace.

Lorsque vous avez obtenu une peau bien résistante et des pieds qui se sont teintés d’un beau jaune orangé avec la teinture de Benjoin , par exemple, terminez le traitement par 3 jours de longs massages de notre pommade magique avant le coucher . Eviter pendant ces périodes de marcher en sandales, passez par contre un  peu de temps pieds nus, voir terminez vos séances par quelques minutes à trottiner sur l’herbe propre, pieds nus.

Le pied du coureur est aussi exposé à d’autres bobos :

L’ongle incarné (souvent le gros ou 1er orteil) qui  rentre dans les chairs lorsqu’il est mal coupé et que le pied a macéré. Les mycoses, fréquentes chez les sportifs,  sont liées à une hygiène insuffisante (lavage, séchage) ou à une  contamination dans  les vestiaires ou à la piscine. Elles sont dues à des champignons (dermatophypes) qui se développent en milieu humide. Elles commencent par des irritations, démangeaisons puis desquamations. Elles ne passent jamais spontanément et méritent un traitement à base de lavage à la Bétadine et des  pommades anti-mycosiques.

L’hématome sous ungueal ou ongle noir est un épanchement sanguin sous l’ongle. Cet incident est  parfois douloureux et peut être traité en perçant le caillot s’il est très superficiel,  mais si celui-ci est trop profond , consultez un podologue qui percera l’ongle

 En collaboration et avec l’aimable autorisation de la revue TRAIL ENDURANCE MAG

 

 

 

 

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